Témoignages

Clonakilty 2016

Ma balade Irlandaise et mon 1er MARATHON.. Christine Biava

Je ne vous parlerai pas de la partie transport, Nono l’ayant déjà bien décrit..Quand Nono m’a proposé en mars de faire un marathon en Irlande, je lui ai répondu « oui, pourquoi pas », sans savoir vraiment ce qu’il en serait. A part une course (St Sylvestre10 kms en décembre 2015) à Herserange, 2 entraînements sur la partie du nouveau tronçon Audun/Esch et un semi marathon fait sur la piste cyclable de Linger (lux), je n’avais pas conscience réellement de ce que serai un marathon, à part le nombre de kms…Nous voilà partis à 14 dont Aurélie notre ange gardien, omniprésente (photos,..pire que les japonais..) merci à elle. Allez,en route pour CLONAKILTY. Déjà rien que le nom de la ville ressemble à son pays. Ambiance détendue, rigolade et prise de connaissance durant le voyage. Le 03.12, jour J, nous arrivons vers 08h15 au Quality Hôtel, où nous attendaient les blades chairs, préparées la veille par nos petites mains..Installation dans celles-ci pour Jordan et moi. Nos deux teams sont aux petits soins avec nous et s’affairent pour nous protéger du froid. D’ailleurs Ju m’a même mis mes chaussettes de laine et Nono les chaufferettes dans les snowboot. Ma team « Wonderwoman », c’est pas moi qui a choisi, c’estNono. Je commence par la fille, seule et unique :Séverine, Yoan, Julien, Hugo (mon bâtard de Vosgien, comme moi 😉 ), Briçouille et bien sûr Nono. Nous voilà partis les 3 blades chairs alignées (2 « franchy » et une polonaise), en sachant que dès le début , on va galérer car le marathon retourne sur l’hôtel où nous dormons : route sinueuse, vallonnée mais avec en arrière plan un magnifique paysage longeant la mer. Même si le soleil est absent, la vue est imprenable, à couper le souffle: des palmiers, des plantes grasses etc..on se croirait dans le sud , la mer, les petites falaises, les chevaux qui galopent librement.. tout ça, c’est splendide .Mes pousseurs (désolée pour Séverine, en grammaire, le masculin l’emporte sur le féminin, je sais c’est moche..), se relayent dans la joie et se faisant, s’amusent parfois à me lâcher avec l’élan, pas dans les descentes, heureusement.. les coquins..Aux environs du 27 ème kms, nous perdons au ravitaillement Nono et Briçouille. Dommage..Et c’est là que la grosse difficulté arrive : une montée raide et longue sur plusieurs kms. Là, 3 personnes pour me pousser, en marchant, car la côte est vraiment trop raide. Dur, dur, les pauvres, je souffre pour eux, moi qui ne peut rien faire. Le poids de la chaise + le mien, c’est pas léger. Quel mérite !!!!Arrivent les derniers kms qui sont durs sauf pour Yoann et Julien, en pleine forme..J’essaye, à ma façon de remonter le moral des troupes, en criant à Hugo  » un bâtard de Vosgien, ça lâche rien, ça va jusqu’au bout ».. et idem pour Sév. Elle aussi, elle n’a rien lâché face à tous ces mecs..En fait, je m’aperçois que je ne me suis pas du tout ennuyé et que le temps a passé trés vite. INCROYABLE. Marathon bouclé en moins de 4H30…

BRAVO A MA TEAM

Ce que je retiens de cette expérience, c’est la magnificence de ce pays qu’est l’Irlande, la gentillesse de leur habitants et surtout la joie, et l’immense plaisir que j’ai eu à faire ce marathon avec tous ces gens merveilleux qui m’ont accompagné. Une organisation parfaitement orchestrée par notre Arnaud. Gigantesque,.  Merci à ma team « Wonderwoman » sans qui rien ne se serait fait, au TGV54 qui m’a accueillie au sein de sa famille. Je repars quand vous voulez..La joie aussi d’avoir participée avec Jordan (enfin) et sa team, à une course ensemble, qui n’avait pas été possible de faire encore, pour diverses raisons..Et bravo pour le semi. J’attends avec impatience et inquiétude mêlées le Triathlon . Merci aussi à Jean-Claude, mon beau-frère qui le premier, a pensé à moi pour occuper la deuxième Bladechair mais ,qui pour des raisons professionnelles n’avait pu m’accompagner à la St Sylvestre l’an dernier et remplacé au pied levé par NonoMais quel remplaçant..J’espère que mon laïus n’a pas été trop long. J’ai déjà posté pas mal de photos sur Facebook.Je le répète encore, merci  à la famille TGVISTES, car toutes et tous, vous êtes vraiment des bât.. adorables et sans qui, rien ne serait arrivé.Je vous embrasse tous très fort, à bientôt j’espère, et passer toutes et tous de Bonnes Fêtes de fin d’année.

Christine, la Blade « Wonderwoman ».


Clonakilty par Jordan wilmouth

Après plusieurs courses au Luxembourg, une en Espagne, une aux États-Unis, un autre pays étranger vient désormais s’ajouter : l’Irlande.
Aligné sur le semi-marathon avec mon équipe composée d’Andréa, Corinne, Mélanie, Florian et Lionel, nous étions 3 blades sur la ligne de départ : la Team Christine sur le marathon ainsi qu’un duo polonais déguisé en lutin et père Noël.

Après une belle ovation lancée par le speaker et tout de suite reprise par le public et les autres coureurs, nous effectuons notre départ dans la joie et la bonne humeur. Très vite, chaque équipe prenait son rythme. De notre côté, tous les kms, chacun se relayait pour me pousser.Les 3 premiers kms traversaient le centre de cette petite ville de Clonakilty dont la particularité est la succession de petites maisons (boutiques, restaurants, pubs, habitations) avec chacune sa propre couleur de façade. L’endroit était aussi propice aux encouragements des personnes présentes ainsi que des coureurs qui nous dépassaient.Une fois sorti de Clonakilty, c’était tout de suite la campagne avec ses vastes champs bien verts, de grandes étendues de sable et d’eau, des maisons éloignées les unes des autres et une scène que je n’avais jamais vu auparavant : une vingtaine de chevaux aux couleurs différentes qu’on avait parfois du mal à apercevoir (du fait de hautes haies qui nous séparaient) mais dont on entendaient leurs pas sur terre et aussi dans l’eau car eux-aussi, étaient en train de courir tous ensemble : magnifique ! Arrivés au 8ème km, nous avions face à nous la grosse difficulté du parcours ; à savoir aller tout en haut d’une colline ! J’avoue que je ne m’attendais pas à ça quand même…  Après cette montée qui ne s’arrêtait plus (3 kms au total quand même !), des passages avec une forte pente ; plus de 100 mètres de dénivelé positif, nous voilà en haut et comme récompense tout au long de la longue descente, nous avions eu droit à la plus belle vue de tout le parcours : un panorama magnifique de la mer agitée, un vent puissant et les falaises au loin : superbe !Passé le 15ème km et jusqu’à la fin de la course, je sentais que les kms paraissaient plus longs  qu’au début et je commençais à fatiguer et à vouloir changer de position. J’avoue que j’étais impatient d’arriver.Après un peu moins de 2h30 de course, nous franchisons avec joie, satisfaction et aussi un peu de folie cette fois-ci puisque j’ai pu inaugurer une nouvelle chose : arriver uniquement sur les roues arrière 🙂
Merci à mon équipe pour tous les bons moments partagés ensemble sur cette course.

Bravo à la Team Christine, à ceux qui sont parvenus à finir leur 1er marathon.

Un énorme merci à Arnaud Gauducheau pour avoir rendu possible ce magnifique weekend.

Jordan Wilmouth


Clonakilty par Arnaud

Une année sous le signe du partage.

Voilà une année qui restera gravée dans les mémoires du TGV54. La famille TGViste s’est agrandie non pas uniquement d’athlètes et de sportifs mais également de personnes qui même diminuées physiquement partagent les valeurs qui nous sont chères: l’amour de l’effort, le respect des différences et surtout la passion du partage. Que ce soit Jordan, Kévin ou bienChristine ils ont su insufflé un nouvel élan à notre club et les personnes qui ont eu le bonheur de partager un moment avec eux savent de quoi je parle. Pour ceux qui auront la chance de vivre un instant Blade l’année prochaine, je n’ai aucun doute sur le fait que cet instant changera à jamais votre définition du partage et de ce qu’apporte un groupe. J’ai eu le privilège d’accompagner mon pote Jojo à Boston et ce souvenir continue d’abreuver ma fontaine à sourires. Mais il était écrit que 2016 ne pourrait se terminer sans un ultime challenge. Une fois de plus une idée américaine de mon amie Anna avait fait son petit bonhomme de chemin dans ma tête et l’ambition de reformer une équipe s’est rapidement transformée en projet concret. Le lieu, Clonakilty en Irlande. La distance, semi marathon pour la Team Jordan et marathon pour la Team Christine. La date, le 3 décembre 2016. Voilà le projet était prêt, mais fallait-il encore trouver les barjots pour un tel défi. Des personnes prêtes à se vider les tripes, à ne lâcher sous aucun prétexte, à se transcender dans un effort commun avec le but ultime de franchir cette ligne main dans la main. Deux équipes ont  donc été créées: la Team Jordan composée de Jojo, Andréa, Coco, Mélanie, Lionel et Florian; la Team Christine composée de Christine, Séverine, Hugo, Brice, Julien (on a eu du mal à le reconnaître avec 10 ans de moins ),Yoann et moi même, ces deux équipes ayant comme ange gardien notre plus fidèle supportrice Aurélie.

Après des mois d’entraînements pour certains, des séances d’hydratation intensive pour les autres, des journées de stress pour une  nous sommes à l’aéroport de Luxembourg en ce vendredi 2 décembre. Les deux équipages sont au complet et la distribution de nos habits de lumière se fait dans la joie et la promesse d’une bonne suée. Nos trois petits nouveaux (Andréa, Florian et Lionel) sont encore un peu intimidés par l’effet du nombre mais cela ne va guère durer longtemps. Deux heures d’avion et quelques grognements d’estomac plus tard (note pour plus tard, si on repart avec Ju, il faut prévoir une glacière pour le voyage ) nous sommes chez les Guiness Men. Le tarmac quitté, les contrôles de rigueur effectués nous sortons de l’aéroport pour récupérer les véhicules. Brice et moi seront les chauffeurs du week end. Premier défi, trouver le volant (bah oui si tu monte à gauche dans une voiture de location en Irlande tu vas avoir un problème pour conduire. ). Deuxième défi, rouler à gauche et ça c’est pas une mince affaire. Troisième défi, sortir de Dublin pour s’enfoncer dans la campagne irlandaise. Pour ce dernier défi, c’est peine perdue car Dublin c’est comme Luxembourg aux heures de pointe mais en pire sur 50 kilomètres. Moralité 3h45 au GPS au départ, plus de 5h pour avaler les quelques 311km nous séparant de l’hôtel. Fatigués mais heureux d’être arrivés nous fonçons au Quality Hotel, départ de la course et accessoirement lieu de récupération des dossards. Christine et Poussin marque la table d’or d’une petite dédicace TGvesque. Nous croisons Anna qui est arrivée le matin avec sa copine Maura (déjà présente à Boston) et lui remettons sa tenue d’apparat. Nous partons au Inchydoney’s Island Hotel, notre lieu de villégiature hôtel 15 étoiles situé au bord de l’océan. Malheureusement il fait nuit et seuls les embruns marins nous confirment que nous sommes ici pour une cure d’iode. Nous dînons dans un pub un peu dispersés mais nous n’oublions pas ce qui fera notre force tout ce WE, l’esprit d’équipe sublimé par un petit trincage à la Guiness pour certains et à l’eau pour les autres (toute la différence entre un bon buveur et un mauvais buveur). La fine équipe se divise ensuite en deux, ceux qui vont se reposer et Ju, Briçouille, Poussin, Yo et moi-même qui repartons au Quality Hotel monter les Blades pour que nos destriers soient fin prêts pour creuser le bitume. Tout le monde est au dodo pour minuit et la nuit se passe tant bien que mal entre le sifflement des bourrasques de vent qui s’engouffrent dans la porte et les bruits de tronçonneuse du matin.

Le réveil sonne à 6h20, je décide de réveiller Aurél qui est déjà sous la douche alors je me rabats sur Poussin et Briçouille dans l’autre chambre; mal joué mes deux compères ont prévu un lever très comment dire apocalyptique sur un air de « eye of the tiger » avec Brice Balboa etApollo Xolin qui nous font des pompes et autres échauffements de boxe. Un signal est lancé par Brice en conclusion: « Clonakilty, ON ARRIVE ». Un lever collégial et un petit déjeuner où nous sommes les premiers plus tard, la tension monte d’un cran. Nous affûtons nos semelles,Aurél prépare ses armes de la journée, nous préparons un plan de bataille pour la course etJojo et Christine revoient les derniers éléments de leurs armures pour aller au combat. Nous arrivons sur place pour 8h15, installons nos deux cracheurs de feu dans les chaises et profitons de la joie et la bonne humeur qui règnent au milieu de ces irlandais. Le temps est un temps local pour un mois de décembre, 10° et un ciel gris, du vent mais pas de pluie. Une troisième Blade sera de la partie, deux amis polonais déguisés en père Noël et en lutin qui n’auront de cesse de nous surprendre tout au long du marathon. 8h57 après une dernière photo de groupe sur la ligne de départ scellant notre unité et cet amour de l’effort ensemble que nous souhaitons transmettre, nous nous lançons dans l’aventure. Une aventure sportive, une aventure humaine, une histoire d’hommes et de femmes qui ne renonceront pas à pousser, à tirer, à s’encourager pour faire de cette course un moment unique pour 14 personnes, seulement 14 personnes mais quel groupe… Nous sortons de Clonakilty et nous nous engouffrons, affamés d’asphalte, dans la campagne irlandaise. Les deux équipes se séparent au 4ème km mais les émotions sont les mêmes. Quelle beauté et quelle simplicité pour une campagne irlandaise où il fait bon respirer à plein poumon, le vent de la mer balayant les champs d’herbe verte abondante, les vaches se mêlant aux moutons et autres chevaux; cette province du Munster offre de tels changements spectaculaire de paysage (des falaises aux plages en passant par la lande et les chemins où au détour d’un virage une abbaye ou une vieille bâtisse surplombe la route) que nous passons par toute sorte de sentiments. Le parcours aurait pu paraître plat, il en est toutefois autrement avec un enchaînement de petites bosses dont le rythme est cassé par trois grosses montées où malgré une Christine au régime, nous montons lentement. Ju est porté par une dynamique sportive poussant l’équipe à donner le meilleur d’elle-même. Yo prend de l’avance, filme, prend des photos et aide dans les montées. Poussin ne peut retenir sa fougue de Vosgien quand sur les prolongateurs il mène l’équipe. Briçouille et ses grands segments donne le rythme à faire pâlir de jalousie un cheval local. Christine, emmitouflée dans son sac de couchage profite de chaque instant pour nous encourager, elle sait que nous aurons besoin d’elle avant la fin de ces 42 bornes. Et que dire de Sév, elle ne coure pas, elle vole; le coach lui avait dit de mettre la misère aux mecs, elle ne s’en prive pas. Les deux femmes de l’équipe rayonnent dans ce magnifique paysage recouvert d’un ciel gris. Arrive le 27ème km, kilomètre fatidique pourBriçouille et moi. Nous n’avons pas franchi le mur du trentième, nous avons prit en pleine tronche le mur du 27… Nous nous séparons au ravitaillement en nous souhaitons bonne fin de course. Nous passons avec Brice 10 minutes à avaler bananes et Pim’s (et ouais les ravitos en Irlande sont sponsorisés par Pim’s ) et repartons comme des braves. Pendant queChristine, Yo, Ju, Poussin et Sév progressent rapidement dans la pampa, nous prenons notre temps (en fait on est bien obligé, l’air marin nous a tué…) et pendant que je fais une pause étirements, Brice s’essaye à la langue bovine. Malheureusement ces mini vaches digne d’un élevage Passepartout à Fort Boyard ne parlent pas le Meuh français, mais un Meuh gaélique que nous ne comprenons pas. Tant pis nous repartons de plus bel. La côte du 31ème nous arrache le peu de force qu’il nous reste, elle fait 2 km de long et nous y croisons un fauteuil roulant dans lequel un homme au bout de sa vie essaye de pousser les roues qui semblent faire 200kg chacune. Nos 5 compères ont essayé de l’aider, nous aussi, mais l’homme est cuit mais a de l’orgueil, il veut terminer sans aide extérieure. Respect monsieur… Pendant que la Blade approche du terme de cette course nous redescendons vers la côte. Un bonheur pour moi, une douleur pour Brice. Je suis 10m devant lui et une longue agonie orgasmique sort de sa bouche à chaque foulée. Un fou rire me prend, il le fait exprès le bougre me dis-je… Et bien non il m’explique que cette jouissance sonore lui permet d’extérioriser la douleur et de garder un bon rythme. OK pas de soucis mais dans l’euphorie je ne m’aperçois pas que ces cris gutturaux ont fait taire la faune locale, tous les animaux se sont planqués effrayées par notre bête de Villerupt . La Blade arrive au bout des 42km, il reste 1km dont 700m de plat et un petit raidillon pour terminer. Sév sanglote avant même d’apercevoir la ligne et l’émotion lui fait perdre la notion du chemin. « Reste à droite des plots » lui crie-t-on. Ju et Yo sont aux anges, tout s’est bien passé et la course va se terminer en apothéose. Dans un dernier effort nos acolytes montent la côte,Poussin essayant de suivre quand soudain une pulsion venue du fond de l’espace s’empare deChristine. Il faut remotiver les troupes pour cet ultime effort: « Pousse bâtard de vosgien, un vosgien ça n’abandonne pas, ça va jusqu’au bout à fond… » (elle en sait quelque chose, c’est aussi une vosgienne ). Moralité un marathon bouclé en moins de 4h30 et des sourires, des embrassades et une joie de vivre qui fait du bien. Pendant ce temps Brice et moi arrivons tant bien que mal au 36ème. Je retrouve des jambes et repars en quête du chrono en dessous des 5h en laissant mon bestial ami livré à lui-même pour ces derniers kilomètres. 4h59min23 après le départ je franchis la ligne d’arrivée en compagnie du Père Noël et du lutin (qui ont fait une put… de course quand même) avec une pensée pour mon ami qui doit en chier (enfin presque car entre les selfies et les photos de groupes avec les bénévoles, il se fait plaisir). Retrouvaille avec mes potos dans le hall de l’hôtel, étirements avec Ju (Coco et l’autre équipe sont déjà détendus), réhydratation au Berocca (ils sont bizarres ces irlandais à se réhydrater avec des vitamines) et franches rigolades sur les exploits et les anecdotes de chacun. Brice arrive enfin et nous laissons partir la team Jordan avec Christine et Sév car l’heure du spa a sonné. Nous attendons Anna avec Brice, Ju, Yo, Poussin et Aurél mais ne la voyant pas arriver nous décidons avec le véhicule de faire le chemin à l’envers pour la retrouver. A moins de 2 km de l’arrivée elle semble scotchée à l’asphalte, perdue dans un sourire qui masque la douleur qui doit envahir ses jambes. Elle a trouvé un belge avec lequel elle discute depuis 15 bornes. Nous ouvrons les fenêtres, la porte arrière, nous l’encourageons, nous klaxonnons, nous vociférons tout un tas de mots aussi motivant pour elle que des coups de fouet. Elle reprend un peu d’allure et nous la quittons sachant que ce soir, le dîner ne se fera ni sans elle ni sans Maura. Notre récompense collective est grandiose, une belle médaille qui bien que faisant 5 kilos est formé de trois cœur dédiés à la paix, au partage et à la tolérance.

Coco et Mél sont au massage pendant que Christine se détend dans la piscine d’eau de mer et que Yo, Sév, Andrea, Flo et Ju vont se prélasser au hamam et autre sauna. Les hommes, les vrais sont à la bière et aux tapas bien mérités. Poussin, Brice, Aurél (elle boit de l’eau je précise Nico) et moi démarrons les hostilités rejoints peu après par Ju, Yo, Coco et le reste de la bande passé entre les mains expertes des masseuses locales (Sév d’ailleurs ne s’en remettra pas effondré sur un  petit canapé façon brochette de gorette). La soirée est placée sous le signe de la détente agrémentée par un guitariste irlandais qui joue tout ce que nous lui demandons, de U2 aux Pogues en passant par Bob Marley ou bien Chris de Burgh. Nous enchaînons les pintes et ce petit pub prend des airs de guinguette française aux doux sons mélodieux de nos voix alcoolisées et pleines d’entrain. Nous nous permettons même avec Youn petit Irish cofee local pas piqué des hannetons. Anna et Maura sont noyées dans l’ambiance et petit à petit l’équipe se délite sous le poids d’une fatigue évidente qui aura contraint les plus vaillants d’entre nous à rendre les armes et reprendre une position allongée plus en adéquation avec notre état de forme. La promesse d’une visite le lendemain échangée avec nos deux américaines, nous faisons naufrage dans le lit vers 00h30. Problème notre chambre est envahie par une odeur de marathonien mort qui laisse présager d’une nuit asphyxiante. Solution, deux éléments de la troupe (Brice qui a bien récupéré et Poussin au mieux de sa forme) sont restés au port à basculer des chopines et à allonger cette soirée que l’on aurait voulu sans fin; le mort est transféré dans leur chambre pour la blague nulle de la soirée. Conclusion, nos deux pirates s’endorment et ne se rendent compte de l’effroyable odeur que le lendemain.

C’est dimanche et bien que le sommeil soit de rigueur le jour du seigneur dans un pays aussi pieu, nous sommes au petit déj à 9h00 car nous souhaitons encore marcher sur la plage et surtout assister au ballet majestueux de Ju et Lionel dans une eau à 11°. Le vent souffle ce matin, brutal et revigorant poussant les vagues à s’écraser sur les rochers laissant une mousse blanche vaporiser une iode aux bienfaits évident pour nos corps endoloris. Nous partons sur la plage arborant un TGV54 à la sauce irlandaise et arrivons au moment fatidique. Lio baisse le pantalon en premier et tente d’affronter l’océan dans un petit caleçon aux couleurs de l’Irlande.Coco, qui a anticipé, s’est trempée les pieds et le moins que l’on puisse dire, c’est que même si elle n’est pas frileuse, elle pique un max. Arrive alors le Mitch Buchannon de la piscine de Villerupt, le guerrier lorrain au torse velu, notre déglingueur de frigidaire. Il est nu, ou presque, moulé qu’il est dans un maillot saillant aux couleurs de la France avec une plume flottant entre ses deux fesses. Il s’élance vers cet océan déchaîné qui l’attend patiemment depuis deux jours et qui lui a réservé son eau la plus fraîche, son millésime 11° d’exception. Les badauds s’extasient regardant notre énergumène affronter le froid glacial pendant que nous le regardons médusés s’allonger dans cette piscine non chauffée. Il reste 5 minutes à batifoler avant de ressortir d’un pâle inquiétant, les couleurs chaudes de son corps s’étant évaporées dans l’estuaire. Nous remontons vers l’hôtel et nous préparons à déjeuner avant le départ. Maura et Anna nous ont rejoint et ce dernier repas ensemble mêle une joie teintée de la tristesse d’un départ approchant et d’une séparation que nul ne souhaite. Nous partons non sans avoir déposer nos deux amies à leur hôtel. Le chemin du retour se fait en 3h30 et nous l’agrémentons d’une pause afin de restaurer les uns, de soulager les autres et de partager un moment d’intimité autour d’un carrot cake qui n’aura pas vécu assez longtemps pour rassir. Quelques kilomètres et pets plus loin nous laissons nos véhicules et prenons la navette vers l’aéroport. Nous rentrons et cet avion du retour ressemble à une zone de guerre entre les cris assourdissants de deux bébés, un pétomane fou qui fait fondre nos poils de nez et un petit vomito qui se répand sur les sièges. Notre arrivée à Luxembourg est un soulagement. Nous sortons de l’aéroport, échangeons les au revoir de rigueur non sans un sentiment de fierté et de bonheur d’avoir partagé ces 3 jours ensemble et d’avoir créer non pas deux équipes mais bien une équipe d’amis unis pour le meilleur mais aussi le pire maintenant et pour les prochains défis qui lui seront proposés.

Vive le TGV54 et longue vie aux Team Blade  

PS: Il m’est impossible de finir ce petit résumé sans des remerciements immenses pour tous nos sponsors qui ont cru en notre aventure, qui nous ont permis de nous dépasser et de créer ce fabuleux projet. Sans vous cette aventure n’aurait pu exister. Merci aussi au TGV54 pour avoir suivi nos tribulations, n’oubliez pas que l’année prochaine c’est votre tour .

Enfin et pour ne pas les oublier, merci à mes 13 déglingos qui ont contribué à ce que cette initiative devienne un projet puis un merveilleux souvenir. Merci à Aurél, tu es toujours là pour nous et ta bonne humeur ferait passer un clown pour un personnage triste. Merci Briçouillepour ces 10 bornes passées ensemble, Clara Morgane m’a appelé pour me dire qu’elle était jalouse de ton jeu de scène . Merci à Yo et Sév, vous avez apporté une fraîcheur et surtout beaucoup de soleil sur ce voyage un peu trop gris à mon goût avec vos kilts endiablés. MerciMél pour cette arrivée en wheeling, ça ne pouvait être que toi pour faire ça. Merci à Jojo et à ma superwoman Christine, vous avez été l’âme de ce voyage, vous avez su insufflé l’énergie et le courage nécessaire pour que vos troupes vous mènent à la victoire. Merci à Anna pour avoir proposer ce voyage, you’re the best Sister. Merci à Bob et Ia Hilard, votre course est certainement une des plus belles qui m’a été donné de courir, n’hésitez pas à nous inviter pour les prochaines sessions, nous serons toujours partant . Merci à Poussin pour ses pompes matinales, son lever de coude magnifique et ses vents loin d’être marins . Merci à Flo pour sa bonne humeur et son enthousiasme dans l’effort. Merci à Andréa pour son petit mot (qui m’a touché plus que je ne peux l’écrire), tu as mis un peu de temps à comprendre qui nous étions mais tu fais maintenant partie de la famille Blade, tu y es et y sera toujours la bienvenue. Merci àJu pour nos petites discussions pendant la course, main dans la main au pied de cette petite chapelle dans la forêt au bord de cette rivière. Merci Lio pour cette gambette party sur la plage, tu aurais mérité un petit bain comme Ju mais bon tu as au moins trempé les panards. Enfin on garde toujours le meilleur pour la fin parait-il merci à toi ma  d’être ma moitié, de supporter mes délires et projets aussi dingues soient-ils et de faire que chaque voyage ensemble soit un rêve éveillé. Je vous aime tous bien fort

Arnaud Gauducheau


Transfrontalière 2016

*15km de la Transfrontalière par Jordan Wilmouth

A peine quelques degrés au dessus de 0, un ciel bien gris et de la pluie : telles étaient les conditions climatiques pour la course de ce matin. Pas très réjouissant… Mais à vrai dire, c’était une bonne chose pour tester mes nouveaux vêtements et accessoires avec de telles conditions.
Pour compenser cette morosité, je pouvais compter sur la bonne humeur de mon équipe du jour composée de Laura, Souad, Julien et Lio.
Le parcours de cette transfrontalière partait de Villerupt, passait par Audun-le-Tiche, longeait Russange en empruntant une nouvelle route (prochainement ouverte à la circulation) en direction de Esch Belval. Après avoir effectué un tour dans Belval, retour sur Villerupt, comme à l’aller, pour un total de 14 kms. Une course clairement « à domicile » pour moi.
C’était une première pour Laura, Souad et Julien de pousser la Blade et je ne peux que les féliciter pour avoir parfaitement géré du début à la fin sous les conseils de Lio et moi. Félicitations supplémentaires à Laura qui a dépassé sa distance maximale courue sur une course.
De mon côté, le nouvel équipement a bien rempli ses fonctions car je n’ai pas eu besoin de lutter contre le froid et donc, d’être plus à l’aise et communicatif avec l’équipe. Ça me permettra d’abandonner certaines appréhensions pour d’autres courses à cette période de l’année.
Je remercie toutes les personnes impliquées dans l’organisation de cette course ainsi que celles qui nous ont donné un accueil chaleureux au départ et à l’arrivée.
Pour conclure, bien que l’année 2016 pointe le bout de son nez et que j’ai participé déjà à 9 courses, il m’en reste encore une à effectuer. Et pour rajouter un peu de folie et de rêve, après Barcelone et Boston, direction Clonakilty