Moscou jour 4

Jour 4: Ce n’est qu’un au revoir…

Le dernier jour est fatalement toujours le plus difficile dans mes résumés. Je cherche en permanence les choses positives, originales ou bien insolites qui jalonnent notre parcours Blade mais la séparation est toujours une situation délicate, même pour un TGViste. Néanmoins je pars du principe qu’une séparation n’est jamais que le point de départ à des retrouvailles fussent-elles dans quelques jours, mois, années et j’oublies cette tristesse envahissante pour imaginer, le cœur revigoré, notre prochain périple.
Ce lundi devait donc nous conduire inexorablement vers notre point de départ, notre Lorraine adorée. Le dîner enjoué et festif de la veille avait laissé des stigmates sur les visages de nos TGVistes et les courbatures et autres douleurs musculaires laissaient apparaître quelques rictus de souffrance sans pour autant faire disparaître la béatitude et le sentiment du devoir accompli que la course nous avait donné. Les plus courageux se relançaient pour un ultime périple moscovite où Chapka et autre Matriochka absorbaient les suées ininterrompues des cartes bleues. Une bleue pour Christine, une poupée russe spéciale président français pour Sandra, un képi pour Chris… enfin du grand spectacle. Les autres avaient opté pour un repos bien mérité avant le voyage du retour qui s’annonçait quelque peu éprouvant (et encore on ne se doutait pas du chemin de croix que cela allait être…). 12h00 branle-bas de combat dans le hall où les valises s’entassent en attendant notre bus et Irina. Un petit verre est commandé pour passer le temps, bière pour les uns, red bull pour les autres en passant par un verre de vin et surtout un petit mojito (sans alcool je précise) pour notre marathonienne Andréa. Le bus arrive, ponctuel comme une horloge russe, mais pas de guide. Elle est en retard et nous décidons de charger les valises pour prendre de l’avance. 20 minutes plus tard elle se confond en excuses mais il n’y a pas de mal, notre timing a de la marge. Une heure de bus et quelques explications sur l’histoire russe plus tard, nous arrivons à l’aéroport. Je précise, pour ceux qui auraient des idées tordues, que j’avais demandé par deux fois au chauffeur et à Irina si l’aéroport était le bon pour ne pas se retrouver une fois de plus à l’autre bout de la ville. On peut se tromper une fois d’aéroport, mais pas quinze…

La première étape est franchie et Sheremetyevo nous accueille pour les premiers écueils à franchir. Irina nous laisse devant le check-in et la fête commence. JC passe avec une blade, 7kg de trop, discussions avec l’hôtesse pour expliquer que le matériel est pour les personnes en situation de handicap, elle donne son coup de téléphone à un ami et après moult palabres, la Blade est validée. Nico s’essaye à la deuxième blade, 5kg de trop et rediscussion… Pour faciliter les échanges, notre pink turtle a mis un mulet dans sa valise perso et on repart pour 7kg de surplus. Les tractations durent 20 minutes et Aurélie est invitée à régler son bagages tandis-que la blade est enfin acceptée. Nous passons à la sécurité. Les sourires et autres regards malicieux des autorités russes feraient peur à un ours polaire affamé tant ils semblent tous assister à l’enterrement d’un oligarche, cherchant le moindre signe suspect dans nos mouvements. 20 minutes plus tard, nous sommes en zone duty free. L’avion est annoncé avec une heure de retard, nous décidons de manger tandis-que Christine, accompagnée par un homme tout juste sorti du goulag est dirigée vers la porte d’embarquement avec pour seule consigne de ne pas bouger (tout ceci 1h30 avant l’embarquement). Les estomacs grognent et sont donc une fois de plus remplis en attendant le signal du départ. Nous embarquons à 18h00 et essayons de dormir un peu dans un avion KLM où le confort est une option et où le calme semble être une denrée rare. Comme pour le voyage à Clonakilty, deux enfants en état de nervosité absolue se lancent dans un show à l’américaine afin que ce voyage ne puisse être oublié. Pour couronner le tout, les parents de l’un d’entre eux, intelligents comme un cure-dent, finissent par lui donner du café puis un peu de vin rouge pour tenter de le calmer. Pour un enfant d’environ 2 ans, vous imaginez le résultat… Nous atterrissons à Schipol et c’est le deuxième effet kiss cool. Le groupe marche vers la zone de transfert alors que Jojo, Christine et Flo attendent patiemment leur transfert dans l’avion. Problème Schipol est débordé par l’afflux massif de demandes de transfert de personnes en fauteuil et l’attente commence. Il faut un coup de pouce du commandant de bord qui pousse lui-même notre Christine aux anges afin qu’ils arrivent au transport reliant l’aéroport à l’avion. Pendant ce temps nous sommes dans l’avion quand l’hôtesse annonce « boarding complete » alors que nos trois amis ne sont ni dans l’avion, ni à l’horizon. Je pars expliquer à la gentille dame que nous ne sommes pas au complet, nous tremblons à l’idée de les laisser sur le tarmac quand tel un film où le suspense est à son paroxysme, nos héros apparaissent enfin et sont embarqués. Le voyage vers Luxembourg est plus calme et rapide seulement perturbé par Sand, décidée à lancer une ola dans l’avion ou à danser dans l’allée pour mettre l’ambiance. Nous arrivons en retard bien évidemment et après la récupération des bagages, qui cette fois se passe sans encombre, nous retrouvons nos quatre chauffeurs prêts à nous déposer dans nos chaumières. Les embrassades suivent les regards tristes et les promesses de retrouvailles et le parking se transforme en zone d’au revoir. La fatigue éteint les derniers courageux et Morphée apporte son sommeil réparateur.
Mes petits résumés ne peuvent se terminer sans des remerciements immenses pour tous nos sponsors, qu’ils soient historiques ou nouveau, toutes ces personnes de l’ombre qui ont cru en notre aventure, qui nous ont permis d’aboutir à ce résultat. Sans vous et votre implication à nos côtés cette aventure n’aurait pu voir le jour.
Ce voyage aura été une fois de plus une merveilleuse plongée dans l’océan des cœurs TGVistes ainsi que des âmes qui sans être TGVistes, respirent le rouge et le noir. Merci à mes camarades de fortunes, mes 21 valeureux et fiers guerriers qui ont construit morceau par morceau ce fabuleux séjour en partageant ce ciment d’amour et d’amitié, force de notre groupe autour de nos héros Jojo (toujours aussi motivé et motivant) et Christine (ma bâtarde préférée). Je vous aime tous très fort et j’ai hâte de vous faire de nouveau saliver avec nos projets Blade. Un merci spécial à Steph, toutes ces aventures sont nées grâce à toi et ton envie d’aider les autres que tu m’as transmis (merci à Philou qui se reconnaîtra pour la rencontre avec Anna). Un bisou spécial à Andy pour ces souvenirs gravés à jamais. Et enfin je finis toujours par un merci spécial à ma moitié qui bien que consciente que je ne suis pas tout seul dans ma tête, fait en sorte de nous aimer tous .
Nono

PS: une conclusion collective va arriver pour clôturer ce merveilleux voyage, restez connecté au TGV54